data dandy digest (n°5, 2026)
Dans cette newsletter, une liste de liens au hasard des lectures et navigations :
>J'ai lu avec beaucoup de plaisir ce journal d'un vidangeur canadien, ambiance fumet de poubelles, précarité et beauté des déchets.
>J'ai bien aimé ce film sur la masculinité teenage, l'angoisse des tueries de lycée et les rencontres anonymes sur internet qui finissent mal : Our Hero Balthazar.
>Le début d'une curieuse enquête sur les technologies qui étaient auparavant omniprésentes et indispensables : tel le téléphone fixe : "À quoi ressemblait la vie avec le téléphone fixe ? Comment cela a-t-il façonné votre foyer, vos relations et votre perception de l’espace ? À partir de là, nous pouvons réfléchir à ce que nous risquons de perdre si ces « paquets » expérientiels ne sont plus monnaie courante, et s’il existe des moyens de redonner vie ou de réintégrer certaines de ces possibilités dans le monde culturel et technologique actuel et émergent."
>L’OPA de l’industrie de l’armement sur Sciences Po.
>Si vous avez raté le détail du piratage des données du fisc français, un petit retour à ce propos.
ôooooo ramenez-moi en ce temps suspendu :




>Lu aussi quelques chapitres de ce livre sur la culture amateur sur internet, c'est un peu un prétexte pour l'autrice de parler d'art numérique. Ma critique à l'emporte pièce : j'ai trouvé un peu dépassé le fait d'analyser l'esthétique du capitalisme avec des références aussi old school (Bourdieu, Lefebvre, l'art moderne, la théorie critique d'il y a 40 ans) sûrement un réflexe classique de critique d'art. Moments choisis :
"Si l’artifice esthétique ne peut plus être isolé de ce qu’on appelle encore la vie quotidienne, ce n’est pas seulement parce que l’art professionnel s’est tourné vers des stratégies banales, mais aussi en raison de la manière dont la pratique amateur a recréé le professionnel, avec une instabilité souvent délibérée. Je m’intéresse à la nature radicale de la pratique esthétique amateur : celle d’un artifice qui imite l’artifice, qui produit des oeuvres apparemment non transgressives et qui ne semblent pas risquées au sens traditionnel du terme – un art dans lequel le critique professionnel ne voit rien d’autre en jeu. Classé parmi les arts de bas de gamme, il met en scène des émotions sans risque, ou les met en scène sous des formes hautement codifiées qui semblent, en surface, neutraliser tout risque inhérent."
"Si Internet a « amateurisé » le professionnalisme, il a aussi « professionnalisé» l’amateurisme."
"Ces amateurs étaient peut-être anti-autoritaires, mais leur individualisme évoquait toujours son contraire, qui – outre le gouvernement, le monde universitaire et la police – était la foule. L’amateur sauve la ville (la foule) et préserve l’État en contournant ses lois, mais il ne le critique ni ne le change. Le système doit continuer d’exister pour que l’amateur puisse continuer d’exister en dehors de lui."
"Le sentiment collectif produit quelque chose qui dépasse l’expérience individuelle, et il gagne en puissance lorsque nous le vivons en groupe. Cet excès passionné fait du fandom un acte créatif en soi, et c’est cet excès qui est devenu une monnaie d’échange en ligne, où il occupe une place centrale sur les plans économique et culturel, tant pour les amateurs que pour les professionnels."
"Il y a quelque chose de particulièrement extractif dans le maintien de cette division entre professionnels et amateurs. L’artiste professionnel continue de faire quelque chose avec le « contenu » amateur – quelque chose que ce contenu est présumé ne pas faire déjà."
>L’événement pop de la semaine c'était la mort de Dolly Parton, chanteuse country, icône de la réconciliation de l’Amérique, souvenons-nous de ses coupes de cheveux fantasques :





Quand la partie tourne mal :
Un homme scotché au plafond lors d'une LAN party de Counter-Strike. En mars 2003, un groupe d'amis à Mason, dans le Michigan, organisait une LAN party lorsqu'un d'entre eux a remarqué une poutre en I apparente et s'est demandé s'il était possible d'y scotcher quelqu'un. Drew Purvis s’est porté volontaire, et après une première tentative peu confortable, ils ont ajouté des oreillers autour de lui, l’ont refixé avec du ruban adhésif et ont empilé des tables en dessous pour qu’il puisse encore atteindre son clavier et sa souris. Il a fini par rester suspendu là pendant environ deux heures à jouer à Counter-Strike avant de demander qu’on le détache.



(via @artifaxing)
>Je découvre un nouveau champs de recherche : la géoanthropology où l'étude de l'anthropocène avec des méthodes mixtes quali-quanti.
>Très bonne vidéo sur le parcours de Marc Andressen, le plus influent et fasciste financier de la silicon valley.
>Je me régale du blog de Robin James une superbe critique musicale, lire son analyse sur l'état de la pop ->
Friction impedes scalability. Things that scale include neoliberal feminine resilience and neoreactionary masculine resilience. Musical labor creates friction, whereas sportsbetting and crypto scale. Friction/scale is coming to replace low/high or pop/rock hierarchies; however whereas those latter two hierarchies tied the performance of femininity and masculinity to the structural position of feminized low and masculinized high, the friction/scale hierarchy allows for the performance of any gender on either side of a hierarchy that is nevertheless itself structurally gendered such that friction occupies the structural place of femininity and scale occupies the structural place of masculinity in patriarchal racial capitalism.
Enfin un usage utile de l'IA : le générateur de burgers surpuissants ->
à tester ici : https://lto.cee.wtf



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